La grande barrière de corail (janvier – février et mars 2018)

Cette page de Faune et Flore est dédiée à une plongeuse de notre école Nérée, Adeline. Elle vit cette année près de Brisbane et elle a la chance de participer, au moment même de la parution de cette page, à un séjour de plongée sur la grande barrière de corail qui se situe en Mer de Corail au large du Queensland, en Australie.

La grande barrière de corail est le plus grand récif corallien du monde : plus de 2.900 récifs et de 900 îles s’étirent sur plus de 2.600 kilomètres de long et sur une superficie de plus de 344.400 km². Cette grande barrière constitue la plus grande structure créée par des organismes vivants au monde et elle est visible depuis l’espace. Abritant une large diversité de vie marine, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981. CNN la désigne comme une des sept merveilles du monde actuel.

Une grande partie du récif est classée en parc naturel et le « Great Barrier Reef Marine Park » en assure la protection en limitant l’impact de l’activité humaine, notamment en encadrant strictement la pêche et le tourisme. Pourtant, selon une étude publiée en octobre 2012 par la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, la grande barrière a perdu plus de la moitié de ses récifs depuis 1985 !

Il faut dire que tous les récifs coralliens du monde sont aujourd’hui dégradés par une accumulation d’activités humaines.

  1. La surpêche : L’augmentation de la demande en poisson aboutit à une surpêche qui affecte l’équilibre et la biodiversité des récifs. Ainsi, la surpêche de poissons herbivores conduit à un développement des algues qui asphyxient le corail.
  2.  Des méthodes de pêche destructrices : La pêche à la dynamite et au cyanure rend les poissons plus faciles à attraper mais ces pratiques détruisent tout où elles sont appliquées.
  3. Le développement d’un tourisme non durable : Certains récifs coralliens ont été recouverts de sable ou de terre pour permettre la construction d’hôtels qui évacuent encore aujourd’hui directement leurs eaux usées dans la mer sans les épurer ! Ne parlons pas non plus des dégâts causés aux récifs par des ancres de bateaux mal jetées ou par des plongeurs incompétents ou négligents !
  4. La pollution : Les récifs coralliens ont besoin d’eau pure pour se développer. Toutes les pollutions les endommagent donc gravement.
  5. Le commerce d’animaux pour l’aquariophilie : Près de 2 millions de personnes dans le monde possèdent un aquarium récifal. Trop de ces aquariums marins sont encore fournis en espèces sauvages capturées dans la nature.

Ces diverses agressions contribuent au blanchiment des coraux. Il faut savoir que la plupart des coraux ont l’absolue nécessité d’héberger des micro-algues, les zooxanthelles, dans leurs tissus. Le blanchiment se produit lorsque la symbiose entre les coraux et leurs zooxanthelles s’arrête, les micro-algues sont alors expulsées et le corail meurt, il perd ses couleurs et devient uniformément blanc.

Les changements climatiques que nous connaissons aggravent encore la situation. Trois aspects principaux sont à noter :

  1. Le réchauffement des océans : Quand les températures de surface des océans augmentent, la fréquence et la gravité du blanchiment des coraux augmentent également.
  2.  L’acidification des océans : L’absorption du gaz carbonique (CO2) de l’air par les océans atténue le réchauffement climatique de la terre mais elle acidifie l’eau des océans et la rend impropre à la vie des coraux.
  3. L’élévation du niveau des océans : Les observations du GIEC depuis 1961 montrent que la température moyenne des océans a augmenté, même aux grandes profondeurs. Ce réchauffement provoque l’élévation du niveau de la mer et crée des problèmes pour les coraux qui ne peuvent vivre qu’à une profondeur bien déterminée.

Revenons-en à la grande barrière de corail qu’Adeline va découvrir dans les jours prochains. « Avant les années 1980, le blanchiment de masse des coraux était inconnu », relève Terry Hughes, directeur du Conseil australien de recherche sur les récifs coralliens. « Mais aujourd’hui, des épisodes répétés de ce phénomène qui entraîne une mortalité de masse de ces animaux marins devient la norme autour de la planète où les températures continuent de grimper », poursuit le chercheur. La Grande barrière de corail a connu quatre blanchiments sérieux depuis 1998 dont deux d’affilée en 2016 et 2017 qui ont provoqué des dommages étendus.

Qu’en sera-t-il demain ? La réponse dépend de la manière dont nous tous, Etats et citoyens, gérerons ou non les changements climatiques qu’il ne nous est plus possible de nier. Dans l’immédiat, je te souhaite, Adeline, de vivre des plongées magnifiques et, nous, en pensée avec toi, nous admirerons ces photos en espérant que nous pourrons encore photographier longtemps des coraux vivant ailleurs qu’en aquarium.

[/vc_tta_section]

Comments

Post Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *