Algue ou plante ? (Septembre et octobre 2016)

Les oreilles de certains encadrants sont parfois un peu écorchées d’entendre un plongeur ou une plongeuse lors du debriefing de fin de plongée dire qu’il ou qu’elle avait failli s’accrocher dans les « algues » pendant qu’il ou qu’elle palmait à côté ou au-dessus d’un herbier de grands… myriophylles !

Nous allons donc dans cette page rappeler brièvement les principales ressemblances et différences entre algues et plantes. Nous identifierons ensuite quelques-uns de ces végétaux que nous rencontrons le plus fréquemment lors nos plongées en eaux douces.

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Algues et plantes : les principales ressemblances

Les algues

Plantes

possèdent toutes deux de la chlorophylle.

ont toutes deux besoin de lumière.

sont toutes deux capables de se nourrir et de se développer sans prélever de molécules organiques dans
le milieu car, grâce à la photosynthèse, elles transforment les éléments minéraux en éléments organiques.

C'est pour cela qu'on les appelle des organismes autotrophes.

Les plantes

Les algues

possèdent des racines qui fixent la plante et captent la nourriture dans le substrat.

ne possèdent que des crampons qui fixent seulement l’algue
sans effectuer aucun prélèvement de nourriture dans le substrat.

possèdent une tige qui conduit la sève des racines aux feuilles.

possèdent un stipe qui fixe seulement la fronde au crampon mais ne transporte aucune sève.

possèdent un système de vascularisation qui conduit la sève depuis les racines jusqu'aux cellules des feuilles.

ne possèdentaucun système vascularisé,les cellules se nourrissent par filtration directe de l’eau.

possèdent des feuilles nervurées.

possèdent une fronde non nervurée.

se reproduisent par des fruits.

se reproduisent par fragmentation ou par bourgeonnement.

Quelques algues que nous pouvons rencontrer dans nos eaux douces habituelles

Nom usuel : le cladophore
Nom scientifique : Cladophora sp

Froidchapelle, Barrage de l’Eau d’Heure

Cette algue verte filamenteuse, au toucher plutôt rêche, se rencontre dans les eaux courantes et peu profondes, de préférence sur substrats durs et stables. Sa présence massive indique souvent une pollution organique ou minérale.

Nom usuel : la spirogyre
Nom scientifique : Spirogyra sp

Froidchapelle, Barrage de l’Eau d’Heure

Chaque filament de spirogyre est constitué d’une file unique de cellules cylindriques de grande taille. Le développement excessif de cette algue verte au toucher gluant présente des risques potentiels majeurs pour la santé humaine et animale.

Nom usuel : la characée
Nom scientifique : Tolypella sp (?)

Obourg, Carrière Holcim n° 1

Les characées sont une famille d’algues vertes ressemblant à des prêles et qui compte près de 400 espèces. La taille de la tige dressée et ramifiée varie entre quelques centimètres chez les petites espèces et plus de 2 mètres de hauteur chez les plus grandes.

Quelques plantes que nous pouvons rencontrer dans nos eaux douces habituelles

Nom usuel : le cornifle immergé
Nom scient. : Ceratophyllum demersum

Ecaussinnes, Carrière de Scoufflény

Plante vivace de 50 à plus de 90 cm de hauteur qui apprécie les cours d’eau à débit lent, voire stagnant. Elle freine le développement des algues car elle se nourrit des mêmes substances nutritives et produit des substances nocives freinant leur développement.

Nom usuel : l’élodée du Canada
Nom scientifique : Elodea canadensis

Sprimont, Carrière de Lillé

Plante vivace mesurant jusqu’à 1 m de hauteur et parfois plus. Originaire d’Amérique du Nord, cette élodée a été introduite en Europe vers 1836. Aujourd’hui, elle est plutôt en régression au profit de l’élodée à feuilles étroites présentée ci-dessous.

Nom : l’élodée à feuilles étroites
Nom scientifique : Elodea nuttallii

Ecaussinnes, Carrière de Scoufflény

Plante vivace d’une hauteur dépassant souvent plusieurs mètres. Importée en Belgique depuis 1939 comme plante décorative en aquariophilie, elle se révèle depuis très invasive dans des eaux calmes ou à courant faible, riches en éléments nutritifs et peu profondes.

Nom usuel : le myriophylle
Nom scientifique : Myriophyllum sp

Dour, Carrière d’Elouges

Le myriophylle fait partie des plantes à fleurs dont les ancêtres terrestres sont retournés à l’eau. La taille atteint 2 à 3 m de hauteur. La plupart sont vivaces et peuvent devenir envahissantes. Elles servent de frayères aux poissons qui ne dédaignent pas s’en nourrir à l’occasion.

Maintenant que vous voilà sensibilisés un peu plus à la distinction entre algues et plantes, il va vous falloir résister à la tentation de vouloir faire rentrer tous les organismes que vous rencontrerez dans nos eaux douces habituelles dans cette dualité. Tous ne sont pas algue ou plante !

Tout n'est pas algue ou plante, il y a aussi des bactéries !

Sur les substrats tant durs que sédimenteux fins de nos carrières, se forme parfois un « tapis » vert bleuté. Il n’y a ni algue ni plante à la base de ce « tapis » mais une bactérie, une cyanobactérie pour être précis : la cyanobactérie de Martens.

Le « tapis » de cyanobactéries de Martens est constitué de minuscules filaments cylindrique. Chacun de ces filaments isolé est invisible à l’œil nu car il ne mesure que 9 millièmes de millimètre de diamètre et 2,5 millièmes de millimètre de long. La couleurs de ce « tapis » dépend du rapport très variable de trois pigments, un pigment bleu, un pigment rouge et la chlorophylle.

Nom usuel : la bactérie de Martens
Nom scientif. : Lynckbya martensiana

Dour, Carrière d’Elouges

La bactérie de Martens se développe surtout dans des eaux riches en éléments nutritifs et bien oxygénées. Un tapis suppose souvent la présence d’autres cyanobactéries : il est très rare de ne trouver qu’une seule espèce dans un même tapis.

Pour plus de renseignements sur les organismes évoqués ci-dessus et pour identifier d’autres organismes que la place et le temps ne permettent pas de présenter ici, je vous renvoie à l’excellent ouvrage de Jean-Pierre Corolla, Michel Kupfer, Gaël Rochefort et Sandra Sohier : « La vie en eau douce » aux éditions Neptune Plongée.

Complet et bien documenté, c’est un ouvrage qui se lit facilement et se révèle vite indispensable pour les plongeurs intéressés par la vie subaquatique dans nos eaux douces habituelles.

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